Le Liban, berceau
de l’alphabet
Le sarcophage d’Ahiram, conservé au Musée National de Beyrouth, atteste que c’est
à Byblos qu’a été créé, au XIe siècle avant J.-C, l’alphabet de vingt-deux lettres.
Cette écriture phénicienne, diffusée par le légendaire Cadmus, fils de Tyr, s'est
propagée jusqu'aux rivages de la Sardaigne et de Carthage. Elle sera même adoptée,
au VIIIe par les Grecs , qui y introduisent les modifications nécessaires à la transcription
de leur langue. L'ancien ministre français de la Culture, Jack Lang, a écrit à cet
égard, dans sa préface à un ouvrage intitulé "Le livre et le Liban" : « Chaque fois
que nous prononçons le mot de bibliothèque, nous disons le mot de Byblos, petite
ville de la côte libanaise que les Grecs ont identifié à la matière même du livre.
Dès le IIIe millénaire, sur l’argile et sur la pierre, sur le métal et le papyrus,
se sont répandues les premières formes de l’écriture. Ici, vers la fin du XIe siècle
avant J.-C., a été inventé l’alphabet consonantique de vingt-deux lettres qui, en
apportant à l’expression écrite une simplification décisive, a conquis l’Orient
des Grecs, les Etrusques, puis les Latins et, à l’Est, les Araméens, puis les Arabes,
chaque civilisation l’adaptant à son génie et à ses langues. A ce don du Proche-Orient,
l’Occident a répondu plusieurs siècles plus tard par l’invention de l’imprimerie
qu’une pléiade de savants maronites allait adapter dès le XVIe siècle à l’écriture
arabe. »
Beyrouth, imprimerie
du monde arabe
Considérée comme « l’imprimerie du monde arabe », Beyrouth a joué un rôle prépondérant
dans la diffusion du livre en Orient et a très largement contribué à la “Nahda“,
la Renaissance arabe. Elle abrite aujourd’hui plus de 500 éditeurs qui publient
aussi bien en arabe qu’en français et en anglais, une dizaine d’universités réputées,
dont l’Université libanaise, l’Université Américaine de Beyrouth (A.U.B.) et l’Université
Saint-Joseph, ainsi qu’une multitude de centres culturels.
Beyrouth, havre
de liberté
Beyrouth a toujours été un havre de liberté pour les intellectuels du monde arabe.
La presse et les écrivains y ont toujours lutté pour les Droits de l’Homme et contre
la censure. « Beyrouth, écrit le poète Salah Stétié, est, par excellence, la ville
de tous les dialogues. Elle incarne au plus haut point la fulguration de la rencontre
décisive, du rendez-vous créateur. Pour elle-même et pour les autres qui viennent
à elle de partout afin d’éprouver la respiration de la liberté, elle est la ville
de tous les seuils et de toutes les médiations. »
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